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20/07/11
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (12:25 am)

Par La Rédaction de MoneyWeek, le 19 juillet 2011

Matthew Lynn, éditorialiste et commentateur de l’actualité économique, livre à l’édition britannique de MoneyWeek son point de vue sur la crise de la Zone euro :

La crise de la dette souveraine européenne ressemble à un mauvais film d’horreur américain. A peine pensez-vous le film terminé, que le vilain monstre resurgit pour vous redonner des sueurs froides.

Dernier pays en date à nous faire sursauter : l’Italie. Les rendements obligataires italiens ont commencé à grimper : mauvaise nouvelle pour une nation dont la dette se creuse jour après jour. Après avoir réussi à se faire oublier pendant la crise, la dette italienne revient sur le devant de la scène. L’Espagne n’est pas très loin non plus. Mais voilà, l’avenir de l’euro ne se joue pas dans ces contrées ; leur voisin au nord, la France, reste l’enjeu principal pour l’avenir de la monnaie unique.

Avant la monnaie unique, la France, un des principaux exportateurs de l’Union européenne, était pénalisée par un taux de change flottant pour ses exportations industrielles et par son système bancaire.

Tandis que l’Allemagne exporte mondialement, les principaux clients de la France sont ses voisins de l’Union. Son voisin germanique accepta l’idée d’une monnaie unique en échange d’un coup de main pour faciliter la réunification entre l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest après la chute du mur de Berlin.

Ironie du sort : l’euro est loin d’être aussi bénéfique que prévu pour la France. Est-ce pour autant une raison suffisante pour en sortir ? L’Hexagone n’est pas un pays périphérique comme la Grèce ou le Portugal. Son économie reste l’une des plus importantes au monde, le pays n’est pas dans un chaos financier comme en l’Italie et il reste largement plus industrialisé que son voisin ibérique.

En réalité, la France perd de sa compétitivité au sein de la Zone euro. Les statistiques concernant la balance commerciale des pays de l’Union européenne dévoilent d’inquiétants résultats. Le déficit commercial de la France a battu un nouveau record en mai à 7,42 milliards d’euros et il représentait en 2010 près de 2,7% de son PIB. » Au sein de l’Euroland, le déficit commercial entre la France et l’Allemagne est passé à plus de 1 milliard d’euros en faveur des Allemands. La tendance n’est pas près de s’inverser », estime Hi-Frequency Economics dans une récente analyse. » Un fossé profond entre la France et l’Allemagne en matière d’échange commercial serait un défi bien plus sérieux pour l’UEM (Union Economique & Monétaire) que de légers désaccords sur la restructuration de la dette grecque ».

Tandis que la croissance de la productivité allemande est supérieure à celle de la France, les salaires augmentent en moyenne plus rapidement qu’en Allemagne. La France est de moins en moins attractive pour les entreprises qui veulent s’y implanter. En fait, le pays est confronté au même problème que la Grèce face à l’euro – l’explosion sera la même, le fusible est cependant beaucoup plus long.

Le déficit français s’est accéléré au rythme d’une Formule 1 ces dernières années. L’argent injecté devra être recyclé par le système bancaire, entraînant inéluctablement une énième crise financière. Cette situation pourrait d’ailleurs arriver bien plus tôt que prévu. Le poids de la dette italienne (119% du PIB en 2010 d’après Eurostat) est certes plus lourd qu’en France (81,7%). Cependant, elle ne s’accumule pas aussi rapidement aujourd’hui. Selon les données d’Eurostat, le déficit italien atteignait « seulement » 4,6% du PIB en 2010, contre 7% pour la France. Le gouvernement de l’Hexagone prévoit ensuite de réduire son déficit à 5,7% du PIB en 2011 et 4,6% en 2012. Il aura donc le même déficit que l’Italie l’année prochaine si tout va bien.

D’autres soucis se profilent à l’horizon pour la France. L’élection présidentielle de 2012 peut virer à la compétition de promesses les plus farfelues et extravagantes possibles. Marine Le Pen s’est d’ailleurs récemment engagée à restaurer le franc.

Le marché obligataire pourrait alors paniquer à tout moment à propos d’un éventuel retrait français de la Zone euro, ou d’un défaut de paiement sur certaines de ses dettes. La crise deviendrait alors dramatique.

La Grèce, le Portugal et l’Irlande ne pèsent pas lourd sur le marché mondial. La France, en revanche, reste un acteur majeur. Sa situation est bien plus préoccupante que celle de l’Italie et l’Espagne réunies. Sa dette culmine tout de même à 1 646,1 milliards d’euros au premier trimestre 2011. En volume, c’est la troisième nation la plus endettée de l’Union après l’Allemagne et l’Italie. Cette dette est échangée partout dans le monde : en mars, 65,2% de la dette négociable française était détenue par des non résidents d’après l’Agence France Trésor.

Alors qu’en Italie, c’est l’inverse : plus de 60% de la dette est détenue par les résidents.

Inévitablement, les marchés obligataires vont s’inquiéter du poids de la dette française comme ils l’ont fait pour la Grèce, le Portugal et plus récemment l’Espagne ou l’Italie.

Cette panique entraînera de lourdes pertes, non seulement pour la France, mais aussi pour le marché international.

Idée née de France, l’euro pourrait tout aussi bien être anéanti par son créateur.

M. L. avec L. W.

_____________

Note:

"Idée née de France, l’euro pourrait tout aussi bien être anéanti par son créateur."

Prédiction assurée par les auteurs.

Vilistia.






18/07/11
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (7:55 am)

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com

La proposition d’Eva Joly de remplacer le défilé militaire du 14 juillet par un « défilé citoyen » ainsi que sa stigmatisation d’une « France guerrière » a suscité bien des commentaires.

Le plus emblématique de ces commentaires est venu du Premier ministre alors qu’il se trouvait à Abidjan aux côtés du massacreur Ouattara, devenu président de la Côte d’Ivoire avec l’appui massif de l’armée française. Fillon a déclaré qu’avec le défilé militaire du 14 juillet « nous rendons hommage à une institution qui assure la défense des valeurs de la République française, de la liberté, de la fraternité, de l'égalité ».

Parler de « liberté » depuis un pays auquel on vient d’imposer son dirigeant par la force, il fallait oser... Car, on aura beau dire et mentir, il restera que Ouattara est parvenu au pouvoir transporté « dans les fourgons de l’étranger » (comme on le disait des monarchistes à la Restauration).

UNE UNANIMITE TOUCHANTE...

La plupart de nos politiciens se sont élevés contre la proposition d’Eva Joly avec des arguments exaltant le défilé militaire : « l'armée est le synonyme de notre liberté » (Marine Le Pen) ; c’est un « hommage que la nation se rend à elle-même » (Guaino, conseiller spécial de Sarkozy) ; « c’est d’abord un hommage donné à la République donc à notre armée, qui se bat aujourd’hui sur beaucoup de terrains » (Martine Aubry) ; « l'armée française est une armée citoyenne » (Fabius).

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a considéré que « le défilé militaire rappelle à toute puissance étrangère ce qu’il lui en coûterait de s’en prendre à la France et à sa République ».

Toutes ces déclarations font l’impasse sur un fait essentiel à savoir que cette République qu’on se plait à célébrer est - avant tout - un État de domination de classe, un Etat bourgeois, et que l'armée de cette République est actuellement plus une armée d'agression et de maintien de l'ordre impérialiste qu'une armée de défense nationale.

C’est oublier aussi que, dans certaines circonstances, la République ne répugne pas à utiliser cette armée « citoyenne » contre son propre peuple. Le souvenir de la Commune de Paris - entre autres - est là pour nous le rappeler.

1947 : L'armée envoyée contre les mineurs en grève

DES ORIGINES DOUTEUSES...

Ce n’est pas un hasard que le défilé du 14 Juillet, tel que nous le connaissons aujourd'hui, ait été instauré en 1880. C’est l’époque où la République se lance dans la constitution d’un vaste empire colonial. Ses expéditions militaires de conquête se multiplient au Vietnam, en Afrique, à Madagascar...

Pour que la population de la métropole adhère à cette politique impérialiste - dont le coût financier et humain n’est pas négligeable - la République s’emploiera, dès l'école, à faire de la possession des colonies un motif d’orgueil national. L’institution du défilé-spectacle du 14 juillet exaltant l’armée française et ses régiments coloniaux (légionnaires, tirailleurs, goumiers, spahis...) s'inscrit tout naturellement dans cette propagande chauvine.

Légion étrangère : Les mercenaires de la République

L’ARMEE FRANCAISE REELEMENT EXISTANTE

L’armée qui a défilé ce dernier 14 juillet est bien à l’image des armées coloniales de la « Belle Epoque ». Engagée dans des « opérations extérieures » en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye et déployée dans des bases en Afrique (Tchad, République centrafricaine, Gabon, Djibouti) et à Abu Dhabi (Emirats arabes unis) [1], elle n’est pas une armée de Défense nationale mais une armée de « projection », de domination sur d’autres peuples. C’est une raison suffisante de ne pas souhaiter la voir paradée.

EVA JOLY : DES CHARS EN LIBYE

Eva Joly s’insurge contre l’image d’une « France guerrière » mais pas au point de condamner les bombardements en Libye. Au contraire.

« Je suis 100% pour cette intervention » a-t-elle déclaré. Elle a même plaidé pour une intervention terrestre : « Il est difficile de mener une guerre sans troupes au sol. On a mis des hélicoptères pour essayer d'augmenter la performance de ces interventions. Nous savions depuis le début que ça serait difficile, dans la mesure où le mandat est limité à l'espace aérien. Si cela se modifie, ça doit être sur décision de l'ONU ».

Comme l’écrit Tefy Andriamanana dans Marianne : « les écolos [sont] partagés entre antimilitarisme et attachement au droit d’ingérence ». D’où des votes opposés de leurs parlementaires sur la prolongation des bombardements en Libye.

Dans cette affaire, tant la glorification inconditionnelle de l’armée qu’un antimilitarisme abstrait font l’impasse sur l’essentiel : la nature impérialiste des missions de combats et d’occupation qui sont en cours. En solo ou dans le cadre de l’OTAN.

JPD

[1] « Selon les clauses secrètes de l'accord renégocié entre Paris et Abu Dhabi, la France s'engage à utiliser tous les moyens militaires dont elle dispose pour défendre les Émirats arabes unis s'ils venaient à être agressés. Tous les moyens militaires, c'est-à-dire également l'arme nucléaire, s'il le faut ». (Le Figaro)







13/07/11
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (3:08 pm)

Alexandre Latsa, 33 ans, est un blogueur français qui vit en Russie. Diplômé en langue slave, il anime le blog DISSONANCE, destiné à donner un « autre regard sur la Russie »
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10:00 13/07/2011

"Un autre regard sur la Russie" par Alexandre Latsa

Très récement, une série d'articles est venue rappeler à quel point la Russie était un pays sans avenir. Divers médias francophones, tel que le Figaro, la Tribune de Genève, Le soir, ont commenté les résultats d’un sondage qui expliquait "qu’un cinquième des Russes (22%) souhaiterait émigrer de Russie" et que "selon les chiffres officiels, cités par Vedomosti, en trois ans, environ 1,2 million de personnes ont quitté la Russie". Ces résultats "illustreraient une nouvelle vague d'émigration, et mettent à mal les mots d'ordre patriotiques et les projets ambitieux du Kremlin" écrit encore Europe1.

La naissance d’un mythe

Le chiffre de 1,25 millions de Russes qui seraient partis depuis 3 ans viendrait d'une discussion en date du 15.01.2011 retransmise à la radio d’opposition Echo de Moscou entre Sergueï Stépachine (président de la Cour des comptes) et Michaïl Barshevski. Je rappelle le moment clef de l'échange en russe ci-dessous, avec sa traduction en français derrière:

С.СТЕПАШИН: Но у меня есть цифры точные. 1 миллион 250 тысяч человек, которые работают за рубежом. Это не самые плохие наши…

М.БАРЩЕВСКИЙ: Ты имеешь в виду не водопроводчиков?

С.СТЕПАШИН: Ну, это ученые, специалисты.

М.БАРЩЕВСКИЙ: Миллион 250 тысяч?

С.СТЕПАШИН: Миллион 250 тысяч. Примерно столько ушло после 1917 года».


S.STEPACHIN: J'ai des chiffres précis. 1 million 250 mille personnes qui travaillent à l'étranger. Et pas les plus mauvais...

M.BARCHEVSKI: Tu veux dire pas des plombiers?

S.STEPACHIN: Des scientifiques, des spécialistes.

M.BARCHEVSKI: 1 million 250 mille?

S.STEPACHIN: 1 million 250 mille. Voilà à peu près combien sont partis depuis 1917.

1,250 million de russes travaillent donc à l'étranger. Comment en est-on arrivé à ce que ce chiffre soit repris par la presse francophone comme le nombre de russes ayant soi-disant fui la Russie depuis 3 ans?

Dans un article du 11 février 2011 de Moskovsksi Komsomolets intitulé "courons loin du tandem" ("Бегом от тандема") il est écrit: "la Cour des comptes a officiellement déclaré que durant les dernières années sont partis de Russie 1,25 million de personnes. La vague d'émigration est à peine moins grande que celle de 1917. Ces données sont confirmées par le directeur du Service Fédéral des Migrations (FMS): "300 à 350.000 Russes partent chaque année travailler à l'étranger. Combien reviennent, il ne l'a pas dit".

("Счётная палата официально сообщила: “За последние годы из России уехали 1 250 000 человек”. Волна эмиграции немного меньше, чем после 1917 года. Эти данные подтверждает директор Федеральной миграционной службы Ромодановский: “Порядка 300—350 тысяч россиян уезжают каждый год работать за рубеж”. Сколько возвращается, он не сказал").

En réalité une vérification sur le lien en question des affirmations du directeur du FMS permet de lire la phrase dans son ensemble et non un morceau sorti de son contexte. Voila ce qu’il y est en fait écrit: "Chaque année 300.000 Russes partent de Russie, dont 40.000 pour aller résider définitivement à l'étranger. Ce chiffre était de 70.000 en gros avant la crise, mais il s'est réduit (..) De tous les Russes qui sortent du pays, a peu près 30 à 40.000 quittent le pays pour aller résider définitivement à l’étranger".

Каждый год из России уезжают более 300 тысяч россиян, из них около 40 тысяч - на постоянное место жительства, считает глава Федеральной миграционной службы РФ Константин Ромодановский. "До кризиса цифра была 70 тысяч человек, но потом эта цифра сократилась. (...) Из всех уезжающих россиян за границу "примерно 30-40 тысяч" покидают страну на постоянное место жительства".

Le 29 mai 2011, la revue russe d’opposition Novaya Gazeta dans un réquisitoire intitulé "La Russie ne plait plus" affirme que le pays ne sera pas en état survivre jusqu’à la crise démographique de 2050 en écrivant que le "représentant de la Cour des comptes Serguei Stépachine a affirmé que depuis 2008, 1,25 million de personnes" ont émigré.

("Председатель Счетной палаты Сергей Степашин еще в январе озвучил цифру — с 2008 года из страны уехало 1,25 миллиона человек").

Les faits sont bien loin des obsessions idéologiques

L’institut Rosstat donne des chiffres reconnus comme étant assez précis. Regardons les flux migratoires de Russie, entrées et sorties de 1997 à 2010, ici sous forme de tableau:

Depuis 2008 donc, 105.544 russes ont émigré hors de Russie.

© RIA Novosti.

Depuis 1999 on peut voir que la quantité d’émigrants de Russie baisse, ce qui traduit l’amélioration économique que le pays connait depuis 10 ans.

Depuis 2008: 37.894 Russes ont émigré définitivement vers l’étranger lointain.

Il y a aussi une méthode indirecte de vérification: La consultation des statistiques migratoires d’Eurostat, des USA, du Canada, ou de l’Australie par exemple. Là encore, ce chiffre de 1,2 millions de Russes ayant obtenu un titre de séjour à l’étranger parait fantaisiste. Il faudrait alors supposer qu’un million de Russes seraient partis sans se déclarer dans des pays qui ne tiennent pas de statistiques, cela semble peu crédible.

Sondages et Fantasmes

Maintenant le sondage traduisant "la soi disant nouvelle vague d'émigration, et qui mettrait à mal les mots d'ordre patriotiques et les projets ambitieux du Kremlin". Regardons attentivement le tableau de ce sondage: si 22% des sondés affirment vouloir émigrer, ils ne sont que 1% à déjà préparer leur départ en faisant leurs sacs (ca n’a pas changé depuis 2009). Ils ne sont que 2% à avoir pris la décision d’émigrer et 6% à étudier les possibilités d’émigration. Ils sont également 69% à ne jamais penser à émigrer. Par comparaison, en 2006, 25% des jeunes britanniques souhaitaient émigrer, ce chiffre a atteint 33% en décembre 2010. Mais à la même date, seulement 2% d’entre eux ont réalisé leur projet d’émigration. En clair, le pays n’a connu aucune fuite massive de cerveaux malgré de tels sondages. En 2009, 20% des Chinois diplômés souhaitaient également quitter le pays. En 2010, 30% des jeunes arabes (des pays de la Ligue arabe) souhaitaient également émigrer. On relève aussi que 20% des Bulgares en âge de travailler souhaitent partir à l’étranger.

Ce seuil de 20 à 30% semble donc exister dans de nombreux pays, indépendamment du contexte économique local, bon pour la Chine, ou moins bon pour la Bulgarie par exemple. Par rapport à ces chiffres, on peut surtout se demander s’il y a suffisamment de jeunes Russes diplômés ou pas, qui souhaitent acquérir une expérience professionnelle à l’étranger. La mondialisation de l’économie offre des opportunités de plus en plus nombreuses dans ce sens, et il n’y a rien de malsain dans cette tendance qui améliore les échanges économiques. Ce qui est malsain, c’est de propager dans les médias des chiffres faux, pour alimenter des prévisions catastrophistes.

Quelles conclusions en tirer?

- Les chiffres montrent en Russie une baisse forte de l’émigration et une stabilisation de l’immigration depuis le début des années 2000.

- Le nombre de Russes qui ont définitivement quitté leur pays depuis 2008 est de 105.544 et non pas de 1,25 million.

- Une certaine presse dite d’opposition gagnerait beaucoup à être réaliste dans ses analyses et non à fantasmer en lançant des mensonges, repris et propagés sur la toile. La quantité ne s’impose pas sur la vérité. La Russie devrait par exemple vraisemblablement faire face à la crise démographique de 2050.

- Certains gros relais médiatiques francophones semblent ne pas vérifier leurs sources et on peut légitimement se poser la question de savoir s’il s’agit de simple mauvaise foi ou d’incompétence.

Dans les deux cas, c’est assez inquiétant et cela ne reflète pas la vérité de la Russie d’aujourd’hui.







12/07/11
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (9:27 pm)

CHECK-POINT ISRAELIEN A PARIS

Ce 8 juillet, plusieurs compagnies aériennes internationales (Air France, Malev, Alitalia, Lufthansa) se sont soumises au diktat israélien visant à empêcher le départ de Paris de 342 militants qui voulaient se rendre dans les territoires palestiniens via l’aéroport de Tel Aviv. [1]

Il est évident que le gouvernement israélien n’a pu se permettre un tel comportement qu’avec la complicité de son homologue français. Il suffit d’imaginer ce qui ce serait passé si la même initiative était venue du Venezuela, de Cuba ou de la Chine…

A noter qu’un certain nombre de militants (124, la plupart des Français) ont pu quand même prendre un vol pour Tel Aviv. Là, ils ont été immédiatement arrêtés et emprisonnés dans l’attente de leur expulsion.

Des pacifistes israéliens accueillent les militants étrangers à l’aéroport de Tel Aviv, le 8 juillet 2011 (Ronen Zvulun/Reuters)

UNE SITUATION NOUVELLE

Ces refus d’embarquements et ces expulsions s’ajoutent à l’opposition du gouvernement grec de laisser partir la deuxième flottille à destination de Gaza.

Un des bateaux empêché de partir par le gouvernement socialiste grec

Pour Thomas Sommer, membre de la coordination internationale de la flottille, « le blocus est en train de traverser la Méditerranée ». Il rappelle que la première flottille avait reçu l’appui direct du gouvernement turc, alors que, cette fois, ce dernier s’y est opposé. Même chose, avec le gouvernement grec.

« Comment expliquer les changements survenus en moins d’un an ? », interroge-t-il.

Pour lui, l’origine d’un tel revirement réside dans les évènements survenus dans certains pays arabes, « dont les secousses à venir sont perçues comme lourdes de menaces, par les Etats-Unis bien sûr, mais aujourd’hui également, par l’Union Européenne ».

Ainsi si le blocus israélien s’est déplacé au cœur de l’Europe, ce n’est pas seulement qu’Israël le demande, c’est parce que les intérêts politiques, économiques et idéologiques de l’Union Européenne l’exigent.

« La guerre contre Gaza a prouvé à ceux qui en doutaient qu’Israël ne veut pas la paix mais le nettoyage ethnique de la Palestine », ajoute-t-il. Et les évènements récents de la flottille et de l’aéroport de Paris montrent que « l’Europe soutient l’occupation de la Palestine, la colonisation et le blocus de Gaza ».

COMBATTRE LA POLITIQUE ISRAELIENNE, ICI !

Des entreprises françaises – Alsthom, Véolia – construisent le tramway de Jérusalem en toute illégalité internationale, le Conseil régional Languedoc-Roussillon (majorité de gauche) finance dans le port de Sète un terminal fruitier pour l’entreprise israélienne Agrexco [2]. Autant d’exemples d’une participation directe à l’occupation et à la colonisation de la Palestine.

Thomas Sommer en conclut : « C’est ici qu’il faut les combattre ! La campagne BDS [Boycott - Désinvestissement - Sanctions] nous offre le cadre et les perspectives stratégiques pour mener cette bataille ».

J’ajouterai que ce combat – sans qu’en soit négligé aucun aspect – doit être avant tout politique. Il faut exercer une pression continue sur le gouvernement, les partis, leurs candidats aux différentes élections, pour qu’ils renoncent, dans leurs ACTES, à soutenir, directement ou indirectement, la politique israélienne.

Il faut rendre impossible la duplicité qui consiste à se répandre en déclarations compatissantes pour le peuple palestinien tout en participant à des coalitions où figurent des partisans de ceux qui l’oppriment. La période qui nous sépare de 2012 devrait être une occasion de mettre chacun au pied du mur.

JPD

[1] Ces militants auxquels on a interdit d’embarquer s’apprêtaient à participer à l’opération Bienvenue en Palestine. S’ils se rendaient à Tel Aviv pour rejoindre les territoires sous autorité palestinienne, c’est qu’il n’y a plus d’aéroport palestinien. Ceux-ci ont été détruits par l’armée israélienne.

[2] Le Conseil régional Languedoc-Roussillon est présidé par Christian Bourquin (ex-PS, aujourd’hui Divers gauche). Jean-Claude Gayssot (PCF) est un des vice-présidents. Agrexco est l’une des principales entreprises à exploiter les ressources agricoles des colonies illégalement implantées en territoire palestinien.







09/07/11
Catégorie: Politique : 

Auteur: vilistia (9:30 am)

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com

Gilles Munier.JPG

Après avoir séjourné du 8 au 14 juin dernier à Tripoli, Gilles Munier, reporter pour le magazine Afrique Asie, témoigne de ce qu’il a vu et entendu en Libye.

« Je suis arrivé à Tripoli le 8 juin, au lendemain du plus important bombardement qu’ait connu la ville depuis le début de la guerre : 60 frappes dites ciblées causant la mort de 31 civils et de nombreux blessés. J’y ai appris que cette opération n’avait pas seulement été lancée pour détruire des sites dits militaires, mais parce que le 7 juin est… le jour anniversaire du colonel Kadhafi ».

Pour Gilles Munier, « force est de constater que l’intervention “humanitaire” de la France et de l’OTAN en Libye, censée protéger la population en vertu de la résolution 1973 de l’ONU, provoque la mort de centaines de civils ».

« Les informations selon lesquelles les Libyens vivraient calfeutrés chez eux, de peur de la répression des forces du régime, sont fausses », ajoute-t-il. Dans Tripoli bombardé, la vie continue sans panique : « Pas de déploiements policiers », « Sur le front de mer, des familles se promènent », « Aux terrasses des cafés, on fume le narguilé ».

Seul le vrombissement d’un avion français ou britannique – volant à 5.000 mètres d’altitude, souligne-t-il – et le bruit d’une explosion au loin interrompent momentanément les conversations.

Avion Porte-avion.JPG

Un avion décolle du “Charles-de-Gaulle” porter la mort en Libye

LE TIERS DES FRAPPES EFFECTUE PAR DES AVIONS FRANÇAIS

Pour le reporter, l’intervention militaire en Libye n’a rien « d’humanitaire ». Elle a déjà fait plus d’un millier de morts auxquels s’ajoutent trois fois plus de blessés graves. D’autres, en plus grand nombre, mourront de cancers dans les années à venir, car les têtes des missiles ou leurs ailerons sont en uranium appauvri.

Dans Tripoli, des affiches traitent Nicolas Sarkozy de « tueur d’enfants », écrit-il.

Au cours de son séjour, Gilles Munier a pu visiter un hôpital où il a vu des civils – et bien sûr des enfants – blessés par les « bombes intelligentes » de l’OTAN.

Funérailles Tripoli.JPG

Funérailles de victimes civiles à Tripoli (photo Paris-Match)

SARKOZY DEVANT LA COUR PENALE INTERNATIONALE ?

Les avocats Roland Dumas et Jacques Vergès sont allés à Tripoli, fin mai, pour rencontrer des familles de victimes des bombardements. Une plainte sera déposée à la Cour pénale internationale contre Nicolas Sarkozy pour « crime contre l’humanité ».

D’autres plaintes ont été déposées par Aïcha Kadhafi contre Sarkozy, Gérard Longuet – actuel ministre de la Défense – et l’OTAN, pour la mort de sa fille Moustoura – un bébé de 4 mois – dans le bombardement de la maison familiale du colonel Kadhafi.

Ont été tués ce jour-là aussi un des fils du colonel et trois de ses petits-enfants. La frappe est attribuée à un Rafale français, précise Gilles Munier.

LE PEUPLE FRANÇAIS COMPLICE…

La lecture du reportage de Gilles Munier est éclairant sur ce qu’il convient de penser de la campagne médiatique et politique qui nous a été imposée en février et mars derniers. C’est alors que s’emparant des évènements qui avaient surgis en Libye, les médias en ont livré une version qui faisait de Mouammar Kadhafi un monstre sanguinaire.

Et on doit à la vérité de constater que la plupart des partis politiques – aussi bien à droite qu’à gauche – et la plupart des organisations dites « pacifistes » ou militant pour « les droits de l’homme » ont relayé ces mensonges.

Ce qui fait que lorsque l’OTAN a commencé ses bombardements, il ne s’est trouvé personne pour s’opposer à cette nouvelle agression impérialiste caractérisée.

Aujourd’hui, la majorité des Français est plus intéressée par la politique-spectacle qui a débuté en vue de l’élection présidentielle de 2012 que par les crimes qui, chaque jour, continuent à être commis en son nom.

JPD





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