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Le 22 juin 1941, à 3 heures du matin, 3,3 millions de soldats allemands, italiens, hongrois, slovaques, roumains et finlandais envahissaient le territoire de l’Union soviétique. Nom de code de l’opération : Barbarossa. « En l’espace de quelques jours, de quelques semaines, la mort et la destruction ravagèrent de vastes contrées russes ». [1] Le 8 juillet, les nazis annonçaient déjà que la guerre était « pratiquement gagnée ». La Russie « fut frappée de stupeur par ces terribles revers initiaux. Pourtant, dès les premiers jours ou presque, on comprit qu’il s’agissait d’une guerre nationale. A la consternation qui s’empara du pays se mêlaient une sorte de défi latent, et aussi la crainte que la lutte ne fût longue, âpre, désespérée. Tous sentaient que des millions de vies seraient perdues, et pourtant une poignée seulement de Russes semblent avoir envisagé la possibilité d’une défaite militaire écrasante et d’une conquête totale de la Russie… » [2] ● Le 3 juillet, dans un discours radiodiffusé, Staline s’adresse au peuple soviétique : « Cette guerre nous a été imposée et notre pays doit livrer une lutte à mort contre son ennemi le plus néfaste, le plus perfide : le fascisme allemand…». L’Histoire montre qu’il n’a jamais existé d’armées invincibles et qu’il faut en dire autant de « l’actuelle armée allemande fasciste de Hitler ». Toute la production doit être mise au service du front et de l’organisation de la déroute de l’ennemi. En cas de retraite, « l’ennemi ne doit pas trouver une seule machine, pas un seul wagon, pas une livre de pain ni un verre de pétrole ». « Dans les territoires occupés, des unités de partisans doivent être formées… Ces groupes de diversion combattront les unités ennemies, porteront la guérilla, feront sauter et détruiront les routes, les ponts, les téléphones, les fils téléphoniques et télégraphiques ; ils mettront le feu aux forêts, aux magasins ennemis et aux convois sur les routes…» « Les ouvriers de Moscou et de Léningrad ont déjà commencé à former une milice de plusieurs milliers d’hommes pour épauler l’Armée rouge. Ces milices doivent être constituées dans toute ville menacée par l’invasion ». Et Staline conclut : « Toute la puissance de notre peuple doit être mise en œuvre pour écraser l’ennemi. En avant, pour la victoire ! » ● « Staline, on l’aimait diversement : sans restriction ou avec réserves, avec admiration et une certaine crainte ; certains même ne l’aimaient pas. Mais personne ne doutait de son courage et de sa volonté de fer. Et ces qualités justement semblaient en ce moment les plus indispensables à l’homme placé à la tête du pays en guerre ». [3] « L’effet de ce discours, qui s’adressait à un peuple nerveux, souvent effrayé et désorienté, fut bouleversant ». [4] ILS NE PASSERONT PAS ! A la mi-juillet 1941, la blitzkrieg [guerre-éclair] allemande est stoppée à la bataille de Smolensk. C’est le début d’une nouvelle phase de la campagne. Cependant, le 30 septembre 1941, les troupes allemandes parviennent jusque devant Moscou et vont lancer deux offensives successives sur la capitale de l’URSS. Celles-ci, après des combats titanesques, viendront se briser sur la résistance de l’Armée rouge qui peut à son tour déclencher une contre-offensive les 5 et 6 décembre. « Se battant durement pendant tout décembre et jusqu’à la mi-janvier, l’Armée rouge avait ramené l’ennemi loin de Moscou ». [5] Cette victoire « eut un effet extraordinaire sur le moral ; elle renforça de façon décisive la foi du peuple soviétique dans la victoire finale ». [6] Mais c’est au cours de l’hiver 1942-43, à Stalingrad, que la guerre bascule définitivement. Les soldats soviétiques vont désormais pourchasser les nazis jusque dans leurs repaires, Berlin et Vienne. Stalingrad, 2 février 1943 : Reddition du maréchal von Paulus Les troupes anglo-américaines ne commenceront à combattre en Europe qu’à partir de juillet 1943 après le débarquement en Sicile de seulement 160.000 hommes. Et il faudra encore attendre juin 1944 pour qu’elles lancent une attaque terrestre plus décisive contre le gros des forces allemandes du front de l’Ouest, concentrées en France. « C’est sur le front russe que la Wehrmacht [armée de terre allemande] aura les reins brisés, bien avant le débarquement des Alliés en France ». (Encyclopédie Wikipédia) Sur les 64.781.162 victimes civiles et militaires de la Seconde guerre mondiale, 21.100.000 sont soviétiques. Aujourd’hui, les survivants – de ce qui reste pour les Russes, la Grande guerre patriotique – sont légitimement indignés « de l’opinion répandue en Occident qui donne l’Amérique comme acteur principal de la victoire de 1945 ». [7] JPD [1] Alexander Werth, La Russie en guerre, La patrie en danger 1941-1942, Ed. Tallandier, 2010. Alexander Werth (1901-1969) est un journaliste et correspondant de guerre britannique d’origine russe. Correspondant de la BBC, il est envoyé en URSS le 3 juillet 1940 et est l’un des seuls journalistes occidentaux présents sur place au moment de l’invasion allemande. [2] idem. [3] Constantin Simonov, Les vivants et les morts, Paris, 1961. Cité par Alexander Werth. [4] Alexander Werth. [5] idem. [6] idem.
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Il est bon aussi de rappeller des faits , à cette Gauche française qui aime à vous sortir "Les droits de l'homme" comme à une époque,elle aimât brandir "le petit livre rouge". . Cette Gauche s'applique maintenant dans une série bande dessinée " Les Pleurnichards". Vilistia. ____________________________
Michel Collon Info 25 juin 2011 Qui dit la vérité sur ce qui se passe réellement en Syrie ? Les services de renseignements israéliens qui œuvrent depuis des années pour faire tomber un régime qui leur résiste ? Les journalistes communautaires qui font écho à la propagande distillée par les ambassades d’Israël ? Les Syriens réfugiés à la frontière turque ? Ceux qui disent que beaucoup de ces derniers étaient liés aux bandes armées qui tirent sur l’armée syrienne ? Les Syriens connus hier pour leur attitude critique vis-à-vis du régime de Bachar El Assad mais qui le soutiennent aujourd’hui en dénonçant un complot visant à démembrer le pays? L e témoignage de ce médecin syrien – comme celui donné en mai par la religieuse carmélite Mère Agnès-Mariam de la Croix - ne concorde nullement avec l’information à sens unique livrée depuis plusieurs mois par les médias occidentaux.Témoignage de Nabil Antaki, médecin Ce qui se passe en Syrie depuis maintenant trois mois n’a rien à voir avec une révolution et est loin d’aboutir à un « printemps ».
Il s’agit d’un mouvement de sédition (selon le Larousse, sédition est un soulèvement concerté et préparé contre l’autorité établie) préparé depuis longtemps avec une distribution des rôles et une logistique prêtes et qui attendait une occasion pour mettre à exécution le plan déjà établi. L’occasion s’est présentée à la mi-mars avec une très grosse bavure des forces de sécurité à Dara’a (petite ville du sud à la frontière avec la Jordanie).
- 2. Est soutenu par des médias qui manipulent l’information, truquent les vidéos, exagèrent les faits et tout simplement incitent à la rébellion et au soulèvement ; qui pratiquent plus la désinformation que l’information. Des exemples :
Quand on pense que lors de l’invasion de l’Irak par l’armée américaine et ses alliés en 2003, il y a eu UN MILLION ET DEMI de réfugiés irakiens en Syrie et cette information n’avait jamais eu la faveur des médias alors que dix mille, il faut en parler tous les jours... Et encore, les réfugiés irakiens sont restés en Syrie des années alors que les réfugiés syriens de Jisr ont été invités à rentrer chez eux maintenant que leur ville a retrouvé son calme.
- 4. Parrainé, sinon commandité par des gouvernements arabes (Arabie Saoudite, Quatar et Hariri) et occidentaux (France, Grande Bretagne et USA en tête) dans le cadre d’un plan préétabli ou, disons le franchement, d’un complot :
La majorité des 23 millions de syriens sont contre le mouvement de protestation et de sédition qui vise à renverser le régime (aucune personne: amis, parents, connaissances, collègues, clients et malades qui viennent me voir de toutes les régions de la Syrie, m’a dit approuver la sédition). Ils aspirent à la sécurité et à la stabilité qui caractérisaient la vie en Syrie et que nous enviaient la plupart des pays. Ils aspirent à cette relative prospérité qui existe depuis une décennie (croissance du PNB de 4-5%/an, depuis des années) et à la libéralisation lente mais progressive du régime. La vie continue normalement à Damas et à Alep avec les embouteillages habituels, les cafés-trottoir bondés et les très nombreux piétons qui vaguent à leurs occupations. Les examens officiels (brevet et Bac.) se déroulent normalement etc... - La moins mauvaise. Un régime islamiste alors que le régime actuel est laïque et traite toutes les confessions à pied d’égalité. - La mauvaise. Une guerre civile puisque l’armée, (contrairement à l’armée tunisienne ou égyptienne qui étaient neutres au début des événements et qui, en prenant le parti des insurgés, avaient donné la victoire aux « révolutionnaires ») en Syrie est loyale au régime. - La pire. Un éclatement de la Syrie à l’irakienne avec un découpage confessionnel ou ethnique. Ces scénarios, la majorité des syriens les refusent et ils sont révoltés par ce plan diabolique qui vise à détruire leur pays et à y mettre le chaos. La majorité du peuple n’est ni assez pauvre ni assez opprimée pour faire une révolution. Alors, messieurs les dirigeants des pays étrangers, cessez de vous immiscer dans les affaires de la Syrie et occupez vous plutôt des problèmes de vos pays qui sont au bord de la faillite et dont vous augmentez la dette en dépensant des milliards d’euro dans la guerre en Irak et par vos frappes en Libye. Et vous messieurs les journalistes des médias malhonnêtes, occupez vous plutôt des faits divers de vos pays avec le scandale Berlusconi, l’affaire DSK etc.… Photo: The China Daily Source de l'article: www.michelcollon.info |
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Par Michel Chossudovsky- économiste canadien, professeur à la faculté des sciences sociales de l'université d'Ottawa L'intervention militaire menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Libye comporte des implications géopolitiques et économiques d'une portée considérable. L'« Opération Libye » fait partie du programme militaire élargi au Moyen-Orient et en Asie centrale et qui consiste à prendre le contrôle et à s'approprier plus de 60 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel, y compris les tracés de pipelines et de gazoducs. Les pays musulmans, incluant l'Arabie Saoudite, l'Irak, l'Iran, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Yémen, la Libye, le Nigéria, l'Algérie, le Kazakhstan, l'Azerbaïdjan, la Malaisie, l'Indonésie et le Brunéi possèdent entre 66,2 et 75,9 % de toutes les réserves pétrolières. Avec ses 46,5 milliards de barils de réserves prouvées (10 fois plus que l'Égypte) la Libye constitue la plus grande économie pétrolière du continent africain, suivie par le Nigeria et l'Algérie (Oil and Gas Journal). À titre de comparaison, les réserves de pétrole prouvées des États-Unis sont de l'ordre de 20,6 milliards de barils (décembre 2008) selon l'Energy Information Administration. Les évaluations les plus récentes estiment les réserves pétrolières de la Libye à 60 milliards de barils et ses réserves de gaz à 1500 milliards de mètres cube (m3). Sa production de pétrole se chiffre entre 1,3 et 1,7 millions de barils par jour, bien en-deçà de sa capacité de production. Son objectif à plus long terme est de produire 3 millions de barils de pétrole et 2600 millions de m3 de gaz par jour, selon les données de la Compagnie pétrolière nationale (CPN). Le BP Statistical Energy Survey (alternatif, 2008) estimait pour sa part les réserves pétrolières prouvées de la Libye à 41,464 milliards de barils à la fin de 2007, ce qui représente 3,34 % des réserves mondiales prouvées.
Le pétrole est le « trophée » des guerres menées par les États-Unis et l'OTAN
L'invasion planifiée de la Libye, déjà en cours, fait partie d'une bataille plus vaste, la « bataille du pétrole ». Près de 80 % des réserves pétrolières de la Libye se trouvent dans le bassin du golfe de Syrte à l'est de la Libye. (Voir la carte ci-dessous)
Onze pour cent (11 %) des exportations de pétrole de la Libye sont acheminées par la Chine. Alors qu'il n'existe pas de chiffres sur la taille et l'importance de la production et des activités d'exploration de la CNPC, certaines indications laissent croire qu'elles sont importantes.
Sources : http://www.internationalnews.fr |
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http://lepetitblanquiste.hautetfort.comA la fin du XIXème siècle, la République lançait son armée à la conquête d’un empire colonial qui puisse satisfaire les besoins du grand capitalisme français. Tous les moyens étaient bons pour conquérir de nouveaux territoires tant en Afrique qu’en Asie, y compris les crimes les plus abominables. Aujourd’hui, à défaut de pouvoir contester ces horreurs, certains « faiseurs d’opinion » – historiens, journalistes, politiciens – prétendent que tout le monde à l’époque acceptait qu’il en soit ainsi. Pour l’historien Gilles Manceron, ce dernier argument témoigne d’« un aveuglement historique » [1], car il s’est toujours trouvé des hommes et des femmes pour s’élever contre les imposteurs qui massacraient des peuples au nom de la civilisation. Et Emile Pouget est de ceux-là. EMILE POUGET, UN SYNDICALISTE ANTICOLONIALISTE
Auparavant, il a été l’éditeur d’un journal pamphlétaire – Le Père Peinard – où il s’exprime dans une langue populaire très imagée. Le premier numéro sort le 24 février 1889. C’est dans ce journal que, le 12 janvier 1890, Emile Pouget fait paraître un de ses articles anticolonialistes au titre explicite : BARBARIE FRANCAISE. « Y a des types qui sont fiers d’être français. C’est pas moi, nom de Dieu ! Quand je vois les crimes que nous, le populo de France, nous laissons commettre par la sale bande de capitalistes et de gouvernants qui nous grugent [tromper] – eh bien, là franchement, ça me coupe tout orgueil ! » Emile Pouget prend pour exemple les atrocités qui se passent alors au Tonkin. « Chacun sait que les Français sont allés là-bas pour civiliser les Tonkinois : les pauvres types se seraient bougrement bien passés de notre visite ! En réalité, on y est allé histoire de permettre à quelques gros bandits de la finance de barboter [voler] des millions... » « Ah nom de Dieu, il est chouette le système qu’emploient les Français pour civiliser des peuples qui ne nous ont jamais cherché des poux dans la tête ! Primo, on pille et chaparde [voler] le plus possible ; deuxième, on fout le feu un peu partout ; troisième, on se paie de force, pas mal de gonzesses tonkinoises – toujours histoire de civiliser ce populo barbare, qui en bien des points pourrait nous en remontrer. » Jours ordinaires au Tonkin « Ça c’était dans les premiers temps, quand on venait d’envahir le pays ; c’est changé maintenant… Pour preuve, que je vous raconte l’exécution du Doi Van, un chef de pirates, qui avait fait sa soumission à la France, puis avait repris les armes contre sa patrie, à la tête de troupes rebelles.» Pirates ? Rebelles ? Emile Pouget n’est pas dupe du discours officiel. « Les pirates, les rebelles, c’est des bons bougres qui ne veulent pas que les Français viennent dans leur pays s’installer comme des crapules ; c’est pas eux qui ont commencé les méchancetés, ils ne font que rendre les coups qu’on leur a foutus.» Il raconte ensuite l’exécution de Doi Van. « On a décidé illico de lui couper le cou. Seulement au lieu de faire ça d’un coup, les rosses de chefs ont fait traîner les choses en longueur. Nom de dieu, c’était horrible ! Ils ont joué avec Doi Van comme un chat avec une souris.» Un carcan au cou, Doi Van est enfermé dans une cage en bois « où il ne pouvait se remuer ». « Après quoi, huit soldats prennent la cage et la baladent dans les rues d’Hanoï. A l’endroit le plus en vue on avait construit une plate-forme ; c’est là qu’on a coupé le cou à Doi Van avec un sabre… L’aide du bourreau tire Doi Van par les cheveux, le sabre tombe comme un éclair, la tête lui reste entre les mains, il la montre à la foule et la fait rouler par terre. On la ramasse car elle doit être exposée au bout d’un piquet, afin de servir d’exemple aux rebelles.» Rebelles prisonniers de l’armée française Implacable, Emile Pouget conclut : « Ah, nom de dieu, c’est du propre ! Sales républicains de pacotille, infâmes richards, journaleux putassiers, vous tous qui rongez le populo plus que la vermine et l’abrutissez avec vos mensonges, venez donc encore nous débiter vos ritournelles sur votre esprit d’humanité ? Vous avez organisé bougrement de fêtes pour le centenaire de 89 [2] – la plus chouette, celle qui caractérise le mieux votre crapulerie, c’est l’exécution du Doi Van. C’est pas sur un piquet, au fin fond de l’Asie, dans un village tonkinois, qu’elle aurait dû être plantée, cette tête. Foutre non ! Mais c’est bien au bout de la tour Eiffel, afin que dominant vos crimes de 300 mètres, elle dise, cette caboche, au monde entier, que sous votre républicanisme, il n’y a que de la barbarie salement badigeonnée... » ● En notre temps de « partenaires sociaux » bien policés, on se plaît à regretter ces syndicalistes qui faisaient preuve d’un tel sens de classe et se montraient capables de dénoncer avec cette vigueur les turpitudes de la bourgeoisie et de ses chiens de garde. Ce n’est pas que la République ait cessé ses aventures extérieures… Hélas ! JPD [1] Gilles Manceron, 1885 : Le tournant de la République, Introduction, Ed. La Découverte. [2] Le centième anniversaire de la révolution de 1789 avait donné lieu à une grande commémoration avec, à Paris, la présentation d’une exposition universelle qui accueillit plus de 32 millions de visiteurs. La tour Eiffel a été inaugurée à cette occasion. |
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Nous publions la lettre ouverte qu’Elias Zahlaoui, prêtre catholique syrien, vient d’adresser à Alain Juppé, suite à ses déclarations, faites significativement (au mois de mai) depuis le sol américain, et mettant en cause la légitimité du président Bachar al-Assad. M. Zahlaoui dénonce à raison l’ingérence de la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, et son alignement inconditionnelsur la politique de Washington. Elias Zahlaoui a beau jeu de rappeler que cette politique, servile et agressive, qui fait déjà des ravages en Libye, est aussi complaisante avec l’Etat d’Israël et sa politique continue de colonisation et de spoliation, qu’elle est intraitable avec des nations arabes, à partir du moment où celles-ci, comme la Syrie, refusent de se coucher devant les visées géopolitiques de Washington, et donc de Tel Aviv. Le prêtre syrien en appelle pour finir à la « dignité et à l’honnêteté » d’Alain Juppé. A notre avis, c’est sans doute beaucoup demander à un soit-disant gaulliste qui a assumé le retour de la France dans l’OTAN et qui s’est laissé imposer une guerre d’agression contre la Libye par le tandem Nicolas Sarkozy/Bernard-Henri Lévy…
Entre gens de bonne compagnie occidentale…
Lettre ouverte d’un prêtre arabe de Syrie à Monsieur Alain Juppé Ministre des Affaires Étrangères de la France
Monsieur le Ministre, Prêtre arabe de Syrie, je viens d’apprendre à l’instant votre déclaration aux États-Unis, touchant la légitimité de notre Président de la République. En tant que Syrien, je ne puis rester silencieux face à une telle ingérence dans les affaires de mon pays. Professeur d’université, vous n’êtes pas censé ignorer que la légitimité d’un Président de la République dépend du consensus de son peuple uniquement, et non de l’arbitraire d’une puissance quelconque. Ministre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, vous êtes censé savoir que la Syrie est un État Souverain, membre fondateur des Nations-Unies. Mais, porte-parole grisé de certains maîtres du monde actuel, vous croyez pouvoir décider à volonté du sort des autres pays, dont la Syrie. Laissez-moi vous dire, au nom des millions de victimes que l’Occident a écrasés depuis des siècles, qu’il est grand temps de cesser de jouer les monstres à face humaine, et de piétiner tous les droits des autres peuples, au point de détruire leur existence même, comme vous vous êtes plu à le refaire depuis des décennies, en Irak, en Iran, en Afghanistan, au Pakistan, dans toute l’Afrique, notamment en Lybie. Monsieur le Ministre, Pour en revenir à la Syrie, oubliez-vous que le but dernier de toutes les manoeuvres politiques, diplomatiques et séditieuses, menées contre la Syrie, depuis plus de deux mois, a été insolemment dévoilé par la conseillère au Pentagone, Mme Michèle Flournoy ? D’ailleurs, elle était tellement assurée de la réussite prochaine du complot mené contre la Syrie, qu’elle avait publiquement déclaré que la Syrie retrouverait tout son calme, le jour où elle romprait avec l’Iran et le Hezbollah, et signerait un traité de paix avec Israël ! Ne seriez-vous donc, célèbres diplomates et politiciens occidentaux, que les porte-paroles mesquins de la volonté israélienne ? Auriez-vous déjà oublié, en France et en Europe, le grand honneur que vous a valu la Résistance à l’occupation nazie ? Votre mémoire historique, écourtée ou effacée, devrait vous le rappeler ! Fallait-il que les nazis prolongent leur occupation de la France et de l’Europe, pour que vous ressentiez jusqu’à ce jour l’injustice que subissent les autres ? Mais si, en tant que Ministre de cette France du Général de Gaulle, vous pouvez tourner allègrement le dos, et pour des raisons piteuses, à cet honneur historique, laissez-moi vous dire, en tant que simple citoyen syrien, que la Syrie n’acceptera jamais de tourner le dos au devoir vital de défendre son existence propre, d’abord contre l’occupation israélienne, ensuite contre le danger mortel que constitue le sionisme, pour toute la nation arabe. Cependant, il semble que l’Occident tient à rester l’Occident, alors qu’il ne l’est plus. Je m’explique. Hypothéqué par un passé colonial, lourd, très lourd même d’occupations sanglantes, de guerres criminelles, de transferts inhumains de populations entières, de vols systématiques des pays dominés, du Proche à l’Extrême-Orient, de l’Afrique à l’Australie, de découpages arbitraires et piégés à long terme, de populations et de pays, d’exterminations en règle des populations autochtones, notamment sur tout le continent américain, ainsi qu’en Océanie, l’Occident s’est toujours laissé emporter par un appétit de domination, sans frein… C’est pourquoi, tout en piétinant tous les droits, comme vous cherchez à le faire en Syrie, vous n’avez jamais éprouvé la moindre honte à prétendre toujours être dans votre droit. Car le fort ne se trompe jamais !
Mais, Messieurs les Européens, il se trouve qu’effectivement vous êtes passés du rôle de maîtres à celui de valets. En effet, prétendez-vous ignorer que toute l’Europe se traîne désormais à la remorque des États-Unis ? Cela n’est plus un secret pour personne. Et vous n’ignorez certainement pas les nombreux penseurs européens, qui ne cessent de crier à l’urgence de libérer l’Europe du « piège américain ». Mais il se trouve aussi que les États-Unis sont à leur tour victimes d’un autre piège, celui du tout-puissant lobby israélien. Qu’il me suffise de vous rappeler ce qu’ont écrit Noam Chomsky, Paul Findley, Stephen Walt et John Mersheimer, pour vous éviter d’essayer d’échapper à cette amère conclusion. Ne seriez-vous donc en Europe, que les valets des valets du sionisme ? Monsieur le Ministre, Avouez que l’Occident, si puissant soit-il, a perdu tout crédit. En effet, en haut-lieu, c’est-à-dire, aux Nations-Unies, au Conseil de Sécurité, ainsi que dans les autres institutions soi-disant internationales, il s’est avéré que dès qu’il s’agit de pays non occidentaux, les représentants de l’Occident, surtout ceux des États-Unis, se pavanent comme des lions. Ils se permettent toutes sortes d’ingérences, allant jusqu’à détruire des pays entiers, de fond en comble. Rappelez-vous au moins l’Afghanistan, l’Irak et maintenant la Lybie. Et tout cela au nom de « la Démocratie, de la Dignité et des Droits de l’homme« . Mais dès qu’il s’agit d’Israël, tous les pays occidentaux sans exception, des plus « grands » aux plus « petits », les États-Unis en tête, deviennent rien moins que des néants. Des néants aveugles, sourds et muets ! Et pourtant, même les sondages faits en Europe reconnaissent qu’Israël est l’État terroriste par excellence. Bien plus, qu’il constitue la plus grande menace pour la paix du monde. Terroriste, Israël l’a été bien avant sa création en 1948. Et si vous en avez le moindre doute, je vous réfère au livre terrible d’un historien français, juif et sioniste, du nom de Charles Enderlin. Son titre dévoile bien son contenu : « Par le feu et par le sang » (Paris 2008). Et Israël est resté fidèle à lui-même : tueur, voleur, guerrier, féroce, arrogant, raciste, expansionniste et exterminateur. Pourtant les juifs ont toujours été bien traités en pays arabes et musulmans. Leurs historiens sont assez honnêtes pour le reconnaître. Mais ils ont trouvé moyen de faire payer la terrible facture de l’antisémitisme occidental et de l’holocauste nazi, à tous les peuples arabes et musulmans, dont ils avaient, depuis Ben Gourion, calculé la destruction, tout en imposant un holocauste de 60 ans déjà, aux Arabes, chrétiens et musulmans, de Palestine. Monsieur le Ministre, Je me dois de vous poser une dernière question : Ministre des Affaires Étrangères d’un pays comme la France, qui se prétend farouchement attachée à sa laïcité, comment justifiez-vous le support inconditionnel qu’elle apporte à un pays qui se veut uniquement juif? Pour finir, laissez-moi, en prêtre catholique, vous présenter mes condoléances pour l’Église de France, qui me semble bel et bien morte, pour avoir gardé si longtemps un silence criminel, face aux désastres incessants que ne cesse de commettre l’Occident, au niveau du monde arabe et musulman, et en conséquence, aux dépens de l’existence de leurs chrétiens autochtones, dans le seul but de permettre à Israël de vivre ! Comme le pape Jean-Paul II avait raison, quand il avait un jour, en visite en France, commencé son discours par cette interrogation : « France… France, où est ton baptême ?!« . De grâce, Monsieur le Ministre, un peu plus d’honnêteté et de dignité ! Pr. Elias ZAHLAOUI Le 9/6/2011 |

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