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Si aujourd'hui je vous disais que je n'ai plus un centime en poche, que ma banque a refusé tous mes chèques, que je suis en surendettement, que je meurs de solitude et de déshonneur, que puis-je faire ! Au secours aidez-moi !Une insoumise au Système |
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J’étais enivré en sentant son parfum poivré, mais surtout j’avais la conviction qu’elle m’avait adopté, et qu’elle ne me jetterait jamais plus dehors.
Elle appréciait beaucoup ma rapidité et ma discipline, car je refusais de prendre ce qu’elle me laissait au creux de la main. Je me contentais d’un bonbon et d’une petite caresse ou une petite tape sur la tête. En fait, je n’avais pas besoin d’argent, il me fallait seulement me rassurer que je ne quitterais jamais cette demeure, car je n’avais nulle part où aller, et cette caresse furtive sur mon crane rasé était toute ma garantie.
Mme Christine venait souvent voir mes oiseaux et en choisissait les plus beaux pour les mettre à l’intérieur de sa maison. Pour moi c’était comme un tableau d’honneur, un certificat de réussite. Je savais enfin faire quelque chose de mes deux mains, et je n’étais pas complètement inutile dans cette splendide demeure, isolée du reste du monde.
*****
Les choses évoluèrent avec le décès de Ba Said, car je devins non seulement le gardien de nuit, mais aussi le jardinier, le coursier ; Autant dire que je faisais presque tout à la maison. J’avais appris à conduire la calèche ; et j’’accompagnais ma patronne chaque Mercredi au Souk hebdomadaire. Un jour, alors nous eûmes un petit incident qui marqua un tournant dans notre vie. Un jeune homme sortait sa voiture, au moment où notre calèche passait devant sa demeure, c’est alors que notre mulet eut peur et fit une ruée de quelque cent mètres avant que je puisse l’arrêter. Frôlant la crise, Mme Christine criait hystériquement qu’elle avait faillit y laisser la vie, jurant de tous les noms, et traitant le monsieur d’assassin. Ce dernier ne savait que faire pour se faire pardonner sauf l’inviter à l’intérieur pour se laver et prendre un verre. Au bout d’un quart d’heure ma patronne, réapparut , plus apaisée, me chargeant d’aller faire tout seul les courses !
Depuis lors, chaque mercredi c’était pareil ; je la menais en cabriole jusqu’à la maison du monsieur et je continuais tout seul au Souk. Tous les marchants étaient aux petits soins avec moi, et me témoignaient la même estime qu’à Mme Christine, qui payait cash et sans marchander.
On m’appelait le petit « gaucher »car c’était avec cette main que je choisissais toutes les légumes avec une rapidité extraordinaire, ne laissant personne me glisser une pièce périmée. J’étais alors devenu aussi connu, respecté, et demandé que ma patronne, et malgré mes exigences, les marchands me soudoyaient souvent, me laissant de côté quelques beaux fruits, dont je me régalais sur le chemin du retour ou en attendant que Mme Christine sorte de chez le monsieur.
Je l’attendais le temps qu’elle termine sa visite à sa guise et je la raccompagnais à la maison.
Son visage était alors radieux, et ses joues pétillaient de bonheur, laissant aussi ses cheveux dorés voler au rythme de la course qu’elle me demandait d’imposer à la cabriole. Elle était plus jolie que jamais et je n’en étais que plus heureux, car il me suffisait de voir la lueur de joie dans ses yeux pour ressentir la même chose.
Elle me donnait alors les bonbons que j’aimais tant, et m’avait même acheté une tirelire où je mettais toute la monnaie que j’économisais en faisant les courses. Je remarquais qu’elle augmentait de temps à autre le budget, et c’était, disait- elle, une façon de me récompenser pour ma confiance me faisant jurer de ne rien raconter à son mari sur ses visites chez le monsieur ! C’était un peu notre secret commun, et le début d’une confiance qui me permettait enfin de pénétrer à l’intérieur cette splendide maison.
Ce furent les deux meilleures années passées au sein de cette famille, et mes souvenirs de l’époque me donnaient l’impression de la belle vie. C’est sûr que j’avais trouvé l’endroit idéal pour vivre convenablement puisque je mangeais à ma faim et je travaillais tout le temps.
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Nous voilà au Yosemite, parc mythique pour tous les amateurs de cailloux à grimper ! Pas de grimpe pour nous mais de belles marches et points de vues !
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