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31/03/11
Je suis tombée sur ce texte qui nous rappelle les objectifs d'une politique intérieure en vue des élections présidentielles. Les cantonales furent un bide par le nombre élevé et croissant des abstentionnistes. Ces derniers sont-il de mauvais citoyens ou simplement atteints d'une maladie : "la lucidité" http://9643.lapetition.be/ ______________________________________________________________ Suite à un regroupement d’un millier de personnes sur Facebook, une semaine avant les élections cantonales, nous avons décidé de publier un manifeste pour expliquer notre abstentionnisme.Sur la scène des cantonales : un seul chiffre percutant 56% d’abstention Cette majorité écrasante est une victoire lourde de signification ignorée parce que les vraies raisons du non-vote sont souvent occultées. Le manifeste des abstentionnistes est destiné à faire comprendre le geste que représente le fait de ne pas se rendre aux urnes. Cette majorité est constituée de citoyens ayant une conscience « politique » aigue, active et réfléchie. Ecœurée de voir ce qui se joue dans le théâtre politique et comment l’avenir d’une population se décide, elle refuse de donner sa voix à une poignée d’hommes qui n’agit pas dans le sens des valeurs essentielles que sont : le respect de l’homme, l’égalité sociale, la liberté… Cette majorité est représentée par des femmes et des hommes qui s’engagent dans la vie politique au sens premier du terme, tous les jours : alors on peut se demander pourquoi refusent-ils le droit qui leur est donné d’aller élire « démocratiquement » un représentant ? Et bien justement parce que donner sa voix à quelqu’un qui va le représenter, voter des lois, décider de l’orientation d’une société n’est pas agir mais donner procuration pour en perdre ensuite tout contrôle. Il n’y a donc pas de désintérêt mais un rejet. C’est le refus de valider des projets de société, de vie dans lesquels ils ne se retrouvent absolument pas. ___________________________________ LE MANIFESTE Les chiffres ramenés à l’ENSEMBLE de la population FRANCE : * 65 millions de français * 21 millions non inscrits sur les listes électorales Sur 44 millions d’électeurs, parmi lesquels : * 19 millions ont voté aux cantonales 2011 divisées selon les partis et votes blancs ou annulés * 25 millions se sont ABSTENUS. Forts de cette majorité, NOUS, ABSTENTIONNISTES, REVENDIQUONS la modification du processus électoral démocratique par la prise en compte des abstentions, bulletins blancs et des nuls – les trois représentants une expression citoyenne au même titre qu’un vote d’idéal politique. Le fait de s’obstiner à n’en tenir aucun compte est, par essence même, un concept anti-démocratique. Forts de cette MAJORITÉ, nous revendiquons l’invalidité et l’annulation de ces cantonales 2011 ainsi que celles de toute élection future présentant des taux où seule une minorité de la population citoyenne globale du pays s’est exprimée et serait reconnue comme choix pour tous. Aujourd’hui, nos concitoyens votants ainsi que les politiques de tous partis, peuvent nous juger fainéants, antidémocratiques, désintéressés de la politique, etc. FAUX ! Nous ne votons pas, car nous, NE VOULONS PLUS ÊTRE REPRÉSENTES PAR LES POLITIQUES ACTUELS, NI PAR LEURS PARTIS car ils ne représentent pas nos envies de société (voter serait les cautionner) et les combattrons. Nous ne votons pas, car nous ne voulons plus enrichir des élus, ou pseudo-élites qui en retour nous appauvrissent et les combattrons. Nous ne votons pas, car nous ne voulons pas que nos acquis sociaux soient détruits au profit de quelques-uns. Nous ne votons pas, car nous ne voulons pas des LOIS PSEUDO-SECURITAIRES anticonstitutionnelles pour la plupart qui nous privent chaque jour davantage de nos LIBERTÉS et combattrons pour leur ABROGATION. Nous ne votons pas, car nous ne voulons pas que nos institutions soient gérées telles des sociétés et soumises à la rentabilité AU DÉTRIMENT DE L HUMAIN, et combattrons en ce sens. Nous ne votons pas, car nous ne voulons plus de ce CAPITAL TOUT PUISSANT, de ce système boursier, de cette économie de marché, de ces grands patrons RICHISSIMES et de leurs actionnaires INHUMAINS, de ces BANQUES, qui chaque jour nous appauvrissent. NOUS OUVRIERS, qui produisons les richesses du pays dont les salaires ne nous permettent plus de vivre ou de nous loger. NOUS gens qui dormons dans la rue , NOUS PAYSANS qui sommes traits plus que nos animaux, Nous cadres et classe moyenne qui assistons à la paupérisation de nos conditions…. Nous ne voulons plus de ces différences sociales, nous ne voulons plus de ça ET DE BIEN D’AUTRES CHOSES ENCORE… NOUS NE VOTERONS PLUS ET NOMBRE DE GENS NOUS REJOIGNENT CHAQUE JOUR , D'OR ET DÉJÀ VOUS N’ÊTES PLUS LES ÉLUS DU PEUPLE ET N’AVEZ DONC AUCUNE LEGITIMITE A OCCUPER VOS POSTES, Vous qui feignez de ne pas nous entendre, nous vous le ferons désormais comprendre..... « par les urnes » Nous ne cautionnerons plus un système qui n’est qu’un simulacre de démocratie ! _________________________________ Site pour signer la pétition: http://9643.lapetition.be/ ___________________________ J'ai tout de suite monté un site : http://vilistia.net/Nevotonsplus/ |
31/03/11
LE PETIT BLANQUISTE
La justification de l’intervention militaire occidentale en Libye a reposé sur un seul argument : protéger les populations civiles de la répression des forces du colonel Kadhafi. Et il faut bien avouer que - même chez ceux qui sont plutôt hostiles aux croisades coutumières des Etats-Unis et de leurs alliés - l’argument a porté. Mais de quels éléments disposons-nous vraiment pour juger de la réalité de cette répression ? Qui, en France, sait exactement ce qui se passe en Libye ? M. Hardeep Singh Puri, représentant permanent de l’Inde au Conseil de sécurité de l’ONU a, pour sa part, affirmé qu’il « n’existait pratiquement aucune information crédible sur la situation sur place » qui puisse justifier la décision d’établir une zone d’exclusion aérienne. En fonction de quoi, il n’a pas approuvé le projet de résolution. Serait-il un inconditionnel de Kadhafi ? Les Français qui pensent que Kadhafi est l’auteur de crimes contre son peuple doivent admettre qu’ils se sont forgés leur opinion d’après ce qu’en ont dit les médias et le gouvernement. Si ce n’est pas le cas qu’ils fournissent des sources alternatives et crédibles. [1] D’où vient ce nombre de 6.000 morts ? D’un porte-parole de la « Ligue libyenne des droits de l'Homme » - Ali Zeidan vivant en exil aux Etats-Unis [2] ; lequel, le 1er mars à Paris, a déclaré que les violences liées à la répression de l'insurrection en Libye avaient fait 6.000 morts, dont 3.000 dans la seule ville de Tripoli, 2.000 à Benghazi, et 1.000 dans d'autres villes. De quels moyens disposait-il sur place pour établir ce sinistre décompte ? On ne le saura jamais. Mais, dès le lendemain, la machine était lancée. Tous les quotidiens français, sans exception, ont fait leur titre sur cette « information », sans se poser de questions. Les plus honnêtes d’entre eux ont mis des guillemets ou utilisé le conditionnel. Mais pour la plupart cette préoccupation élémentaire a été négligée.    Titres de Sud-Ouest, de Libération et de La Charente Libre Aussitôt, la Cour pénale internationale, qui ne s’est jamais inquiétée des crimes avérés des américains en Irak et en Afghanistan ou de ceux des Israéliens en Palestine, s’est saisie du problème : « Kadhafi est un criminel », il doit « être jugé », a déclaré un conseiller auprès de la CPI qui semble ignorer la présomption d’innocence. La photographie ci-dessous, publiée par L'Humanité (hélas !), donne le ton. De son côté, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a immédiatement cautionné le nombre de 6.000 victimes alors qu'une semaine auparavant elle en annonçait dix fois moins, 640 exactement. Elle a également demandé une interdiction de survol du territoire libyen, « pour éviter que des civils soient massacrés par l’aviation libyenne et pour empêcher de faire venir des mercenaires supplémentaires chargés d’accomplir les basses besognes du colonel Kadhafi ». Notons que la FIDH n’avait pas cru utile de demander la même interdiction à l'encontre de l’aviation israélienne lorsque celle-ci pilonnait les Palestiniens de la bande de Gaza. Désormais tout était en place pour l’intervention « Aube de l’Odyssée » : Obama, prix Nobel de la Paix, pouvait menacer Kadhafi de ses foudres, tandis que Sarkozy, dans un numéro de « chef de guerre », entraînait la France et son armée dans un combat plus que douteux. Aujourd'hui, l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne [no-fly zone] sur la Libye est chose faite. Mais les bombardements continuent quand même, ajoutant leurs lots de victimes militaires et civiles. Pourquoi ? Jusqu'à quand ? Jusqu'où ? A quel prix humain ? JPD [1] Lundi dernier, sur le plateau de « Ce soir ou jamais » de France 3, le journaliste belge Michel Collon, évoquant la répression en Libye, déclarait : « Ceux qui disent qu’ils ont un chiffre précis sont pour moi des charlatans ». Il ajoutait : « Avec Google, je peux savoir qu'elle est la couleur de vos chaussures quand vous êtes dans votre jardin, et les Etats-Unis [avec leurs réseaux de satellites] ne seraient pas capables de nous montrer le massacre de 6.000 personnes ? ». [2] Ali Zeidan est aussi le porte-parole en Europe du « Conseil national de transition » et certainement appelé à faire partie du futur gouvernement si la rebellion triomphait. On comprend mieux qu'il n'hésite pas à citer des chiffres qui accablent Kadhafi. http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/ |
31/03/11
Alexandre Latsa, 33 ans, est un blogueur français qui vit en Russie. Diplômé en langue slave, il anime le blog DISSONANCE, destiné à donner un « autre regard sur la Russie » "Un autre regard sur la Russie" par Alexandre Latsa Le 20 mars dernier, c’était la journée de la francophonie dans le monde. La francophonie c’est quelque chose. Pensez donc: près de 65 millions de Français, et on estime aujourd’hui le nombre de locuteurs réels du français dans l'ensemble des pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie à près de 250 millions. Dans le Québec canadien, en Suisse Romande, à Monaco, en Wallonie belge, le français est la langue maternelle de la population. Dans les pays du Maghreb, c’est la seconde langue utilisée, et dans de nombreuses ex-colonies françaises d’Afrique sub-saharienne, le français est resté la langue officielle et administrative. En 2010, la langue française est la 8ème langue la plus répandue dans le monde par nombre de locuteurs, et c’est une des six langues de travail de l’ONU avec le mandarin, l’espagnol, l’arabe, l’anglais et le russe. La langue française, jusqu’au 20ème siècle, a bénéficié d’une aura exceptionnelle à l’étranger et notamment en Russie. Dès la fin du 18ème siècle, sous l’influence d’Elizabeth 1ère, le français s’impose progressivement comme langue des courtisans. Pour la haute société de Saint-Pétersbourg, parler français était même devenu parfois plus naturel que parler russe. Cette prédominance de la langue française est par ailleurs présente dans toute l'Europe des lumières, puisque l'élite intellectuelle de nombreux pays (monarques, diplomates, femmes du monde, écrivains) s’exprimait généralement en français. Malgré de nombreuses interdictions liées au rejet de la révolution française, l’empereur russe Paul Ier communiquait lui-même presque exclusivement en français. Au début du 19ième siècle, la langue française était encore très répandue dans la noblesse russe. Pouchkine, par exemple, parlait mieux français que russe, ce qui lui valu le surnom de Француз (“Le Français“). Autre exemple: dans Guerre et Paix, le célèbre roman de Léon Tolstoï, l’un des personnages affirme que “même étant né en Russie, il pense en français“, car cette langue représente pour lui “la manière de parler mais aussi celle de penser“. Dans le courant de ce siècle, certains grands écrivains russes créaient leurs œuvres dans les deux langues, russe et français, puisque qu'ils parlaient français en famille, dès leur plus tendre enfance. Jusqu’au début du 20ème siècle, le français était également la langue des diplomates. En 1905, le traité de paix russo-japonais fut, par exemple, rédigé en français. Pourtant, le 20ème siècle marqua le début du déclin de la langue française, déclin que les pessimistes affirment irréversible, en corrélation directe avec l’importance prise par la langue anglaise surtout depuis 1945. Malgré cela, l’attachement traditionnel et formel au français s’est prolongé durant le 20ème siècle en Russie, ou parler français était toujours la marque d’une éducation de bon niveau et aussi d’appartenance à une certaine élite. Pour cette raison, de nombreuses familles soviétiques aimaient que leurs enfants parlent le français. Depuis la fin de l’Union Soviétique, la langue française n’a pas disparu en Russie, mais son influence s’est réduite. Elle est supplantée par l’anglais et l’allemand jugés plus utiles pour travailler. Au début des années 1990, selon les données du ministère russe de l’Education, 55% des écoliers apprenaient l’anglais, 34,9% l’allemand et 8% seulement le français, contre 20% dans les années 1960. Autres chiffres, selon l’ambassade de France, qui bénéficie des données communiquées par le ministère fédéral de l'Education et de la science, il y avait en 2009 en Russie 410.000 personnes apprenant le français dans l'enseignement primaire et secondaire et 344.000 dans le supérieur, ainsi que 6.250 enseignants de français dans le primaire/secondaire, et 5.750 dans le supérieur. Ce déclin de l’apprentissage de la langue française touche malheureusement la Russie comme le reste du monde, sauf l’Afrique qui est en très forte expansion démographique. Parallèlement, il y a aussi un recul de l’enseignement de la langue russe en France. Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, confirmait cette baisse l’année dernière, durant l’année France-Russie. En 2008, 14.000 élèves apprenaient le russe en France dont 48% en 3ème langue, et 29% en 2ème langue. Il faut noter qu'en 20 ans, le nombre de ces élèves a diminué de 50%. L’effectif des enseignants baisse aussi et sur les 85 universités françaises, seules 22 proposent l’enseignement du russe, contre 25 en 2005, par exemple. Il y a environ 260 professeurs certifiés ou agrégés qui enseignent le russe aujourd’hui dans le secondaire français contre 487 en 1989. Cette baisse de l’intérêt pour la langue russe en France s’explique sans doute en partie par l’image négative véhiculée par les médias depuis une douzaine d’années. Il faut pourtant rappeler que les perspectives économiques sont très encourageantes dans la zone russophone d’Eurasie, ce qui devrait inciter les Français à apprendre le russe mais également les Russes à apprendre le français. De nombreuses entreprises françaises, grandes et petites, sont en cours d’implantation en Russie et dans la zone russophone, mais il reste encore difficile de trouver, dans de nombreux domaines de l’activité économique, des spécialistes russes francophones ou des spécialistes français russophones. Pour terminer sur une note positive, saluons ceux qui font vivre la langue de Molière jusqu’au bout de l’Eurasie. C’est le cas de la principale agence d’information multimédia russe, RIA Novosti qui dispose d’une version en langue française de son site internet et ce depuis 2000! L’agence s’adresse également depuis cette année en langue française aux lecteurs francophones sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter avec toujours la même logique: permettre de mieux comprendre la Russie d’aujourd’hui. Il est même désormais possible de discuter en direct avec les journalistes/traducteurs sur Facebook. A une plus humble échelle, citons également le travail d’Olga, enseignante de français à l'Université pédagogique de Blagovechtchensk et également responsable du Centre de ressources en français. Depuis 2005, elle fait vivre avec son équipe la langue et la culture française en extrême orient russe, via un journal en français intitulé: “salut ca va“ ainsi que via “le blog des francais de l’amour“. Comme Olga le dit elle-même: “L’échange interculturel ne fait que renforcer l'intercompréhension de nos deux peuples et aide à mieux se comprendre. Le dialogue entre nos deux cultures apporte l’unique richesse qui compte, celle de l’esprit“. Une belle initiative, à soutenir et sans nul doute, à reproduire. 
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28/03/11
Une heure de vol pour un Rafale : 13 000 euros environ, pour le Mirage, entre 10 000 et 11 000 euros. A l’heure où les gouvernements sont à l’économie, le coût de l’intervention en Libye fait question dans les pays de la coalition. Avec 55 sorties, les Rafale et Mirage 2000 français totalisaient lundi soir plus de 400 heures de vol, note l’Agence France-Presse, qui souligne que ces estimations de coût n’incluent pas le prix du carburant. “Attention” cependant, alerte France Info : ces appareils génèrent une dépense, qu’ils soient engagés ou non. Un coût prévu par le budget de fonctionnement du ministère de la défense qui s’élève à 31 milliards d’euros pour 2011 note la radio. Dans Libération (article payant), un “expert” renchérit : “Mais qu’ils volent dans le ciel français au cours d’entraînement ou lors de missions, ces vols ont de toute façon un coût”. L’arrivée mardi sur la zone du porte-avions Charles-de-Gaulle devrait en outre limiter les allers-retours des appareils basés en France.  DR AP/François Mori Dans les pays de la coalition, cependant, le coût de l’intervention est critiqué. “Tout dépendra de la durée de l’offensive et de combien de temps nos forces seront mobilisées”, rappelle Slate.fr. “Plus dur, long et coûteux sera d’équiper et d’entraîner les insurgés avant qu’ils aient les moyens de partir à l’offensive vers Tripoli pour déloger le dictateur comme ils en ont l’objectif,” estime le journaliste. Surtout, ce sont les bombes qui coûtent cher : “tout ce qu’on largue” explique Eric Denécé, du Centre français de recherche sur le renseignement à l’AFP, “parce qu’après, il faut les remplacer”. Ces missiles sont estimés de 300 000 à 350 000 euros l’unité. “Si je peux vous rassurer, la France ne possède pas de Tomahawk, ces missiles de croisière américains dont le prix unitaire atteint 650 000 dollars !” s’exclame le chroniqueur de France Info.  DR AFP/Stephan Agostini Aux Etats-Unis en effet, le débat sur le coût de l’intervention en Libye est particulièrement vif. Le gouvernement refuse de livrer ses estimations mais selon CNN l’armée a bombardé l’équivalent de 225 millions de dollars de missiles Tomahawk. Alors que le pays est déjà engagé dans des guerres coûteuses, en Irak et en Afghanistan, les Etats-Unis espèrent pouvoir “se reposer sur d’autres Etats, en particulier les pays du Golfe riches en pétrole qui ont proposé leur soutien financier”. Même débat en Grande-Bretagne où certains commentateurs ont souligné qu’il était contradictoire de s’engager sur un nouveau front en taillant au même moment dans les subsides de la défense explique l’AFP. Outre-Manche, le coût de l’opération a été évalué à “des dizaines de millions” de livres note Bloomberg . “Dans les milieux de l’armement, on s’étonne de la rapidité avec laquelle surgissent les premièrs questions sur les dépenses liées à l’intervention en Libye,” note Libération. Le matériel de haute technologie déployé en Libye est en effet beaucoup moins coûteux que les forces au sol comme en Afghanistan où la France maitient 4 000 soldats. “Nous utilisons des Rafale en Afghanistan, et personne ne se soucie vraiment de savoir combien cela coûte” souligne un responsable du secteur aéronautique dans Libération. _______________________________________________________________________________________ Monde 23/03/2011 à 00h00 Les coûts de canon de l’armée française Analyse Heures de vol, carburant, bombes… les frappes, bien qu’encore limitées, pourraient peser sur le budget de la défense déjà restreint. Par THOMAS HOFNUNG  Photo prise le 19 mars 2011 d’un Rafale de l’armée française (© AFP Adj Weyer) Déjà plusieurs centaines d’heures de vol, des dizaines de sorties d’avions de chasse et de surveillance, et – à l’heure qu’il est – quatre blindés neutralisés en tout et pour tout. Depuis le déclenchement de l’intervention militaire en Libye, l’armée française a mobilisé des moyens conséquents pour un bilan – en apparence – limité. Hier, les Rafale du porte-avions Charles-de-Gaulle, positionné en Méditerranée, ont effectué un premier «vol de reconnaissance» dans l’espace aérien libyen, avant de regagner le navire sans difficulté, a indiqué Paris. Tout ça pour ça ? L’état-major rétorque que l’efficacité de l’action militaire ne se mesure pas au nombre de frappes. La résolution 1973 de l’ONU prévoit la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et autorise le recours à la force pour assurer la protection des populations civiles. Samedi, les raids de l’aviation française près de Benghazi, suivis quelques heures plus tard par d’autres bombardements de la coalition dans le même secteur, ont fait reculer les forces pro-Kadhafi. «Nous avons évité un bain de sang à Benghazi», se félicite le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé. Mais depuis, plus rien. «Cela peut être interprété comme un succès», note Jean-Pierre Maulny, spécialiste des questions de défense à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) à Paris. Hier, devant les députés, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a déclaré : «A ce jour, aucun hélicoptère ou avion de combat sous l’autorité du gouvernement de Tripoli ne vole à cet instant et n’est vraisemblablement en mesure de voler.» Carburant. Mais dans un contexte économique où l’Etat réduit ses dépenses tous azimuts, notamment au sein des armées (8 000 suppressions de postes prévues cette année), et en l’absence de but de guerre bien défini, la question du coût des opérations commence à poindre. D’après les experts, une heure de vol d’un Rafale (hors carburant) est de l’ordre de 10 000 à 13 000 euros, et celle du Mirage 2000 entre 10 000 et 11 000 euros. «Mais qu’ils volent dans le ciel français au cours d’entraînement ou lors de missions, ces vols ont de toute façon un coût», assure un expert. S’y ajoutent, dans le cas de l’intervention en Libye, les dépenses en carburant. Même si la majorité des aéronefs mobilisés sont désormais stationnés à Solenzara (Corse-du-Sud), où s’est rendu hier Nicolas Sarkozy, ils doivent être ravitaillés en vol pour mener à bien leur mission d’une durée de deux heures à deux heures et demie au-dessus de la Libye. Par ailleurs, deux Rafale chargés de missions de reconnaissance décollent de la base de Saint-Dizier (Haute-Marne). L’arrivée à proximité des côtes libyennes du porte-avions Charles-de-Gaulle devrait réduire ce poste de dépense. Laser. Cité par l’AFP, Eric Dénécé, du Centre français de recherche sur le renseignement, souligne de son côté que «ce qui coûte cher, ce sont les bombes, tout ce qu’on largue». Selon l’état-major, les appareils tricolores sont équipés de bombes guidées laser (GBU12), de fabrication américaine, et de missiles de moyenne portée AASM, produits par Sagem. Ces derniers valent entre 300 000 et 350 000 euros l’unité. «Pour l’instant, cette opération ne nous coûte pas cher en munitions, remarque Jean-Pierre Maulny. Bien entendu, cette question deviendra de plus en plus pertinente à mesure que le conflit dure.» Selon cet expert, dans la configuration actuelle, la mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne pourrait coûter, sur un an, entre 150 et 250 millions d’euros. «La zone d’exclusion aérienne est un moyen,pas un but en soi, rappelle-t-il. Le véritable succès, ce sera quand on n’aura plus besoin de ce dispositif et qu’une solution politique aura émergé.» Dans les milieux de l’armement, on s’étonne de la rapidité avec laquelle surgissent les premières questions sur les dépenses liées à l’intervention en Libye. «Nous utilisons des Rafale en Afghanistan, et personne ne se soucie vraiment de savoir combien cela coûte, souligne un responsable dans le secteur aéronautique. Fallait-il se poser cette question avant d’intervenir pour sauver les populations de Benghazi ?» Le débat est plus vif au Royaume-Uni, où certains commentateurs ont souligné qu’il était paradoxal de s’engager dans une intervention en Libye, alors que le budget de la Défense doit diminuer de 8% d’ici à 2015. ____________________________________________________ Libye: un jour d’intervention coûte à Washington 100 M USD Libye © REUTERS/ Ahmed Jadallah Libye © REUTERS/ Suhaib Salem 17:48 27/03/2011 NEW YORK, 27 mars – RIA Novosti Chaque jour d’opération militaire menée depuis le 19 mars en Libye coûterait au budget américain la bagatelle de 100 millions de dollars, affirme la ressource Internet Market place. Selon Daily News Journal, un peu plus d’une semaine d’intervention militaire pèse plus d’un milliard de dollars aux contribuables américains. “Est-ce que cette intervention sert vraiment les intérêts des Etats-Unis?”, cette question est de plus en plus présente dans les réflexions autour de “l’initiative de paix” dans laquelle Washington s’est mêlé. Selon National Journal, cette opération coûtera aux Etats-Unis au moins quelque milliards de dollars de dépenses imprévues, ce qui poussera le Pentagone à demander au Congrès des fonds supplémentaires. “Chaque six heures d’opération accroît le déficit budgétaire des Etats-Unis d’encore un milliard de dollars”, a annoncé le sénateur républicain Roscoe Bartlett, cité par l’Associated Press. Toutefois, selon le Centre des évaluations budgétaires et stratégiques (CSBA), le coût d’une semaine de participation au conflit libyen n’excède pas 300 millions de dollars. Le 17 mars dernier, le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté une résolution prévoyant la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye. Cette disposition a pour but de mettre un terme aux raids de l’aviation pro-Kadhafi contre les rebelles. La résolution autorise également “l’usage de tous les moyens nécessaires pour protéger les populations civiles”. Deux jours plus tard la coalition occidentale regroupant plusieurs pays, dont le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis et la France a lancé une opération militaire en Libye, effectuant des frappes aériennes ciblées sur le territoire du pays. |
27/03/11
Par Elena Souponina L’opération militaire des forces de la coalition contre le régime de Mouammar Kadhafi a beaucoup surpris par la participation des forces de pays arabes. Les Emirats Arabes Unies envoient au moins 24 chasseurs, le Qatar en envoie six. L’Egypte devrait livrer gratuitement aux rebelles libyens plusieurs lots de fusils, et la Jordanie et l’Arabie saoudite fourniront aux alliés une aide dans les domaines de la logistique et du renseignement. Selon une information non confirmée, à l’Est de la Libye des unités d’élite de certains pays arabes sont venues en aide aux rebelles. Il n’est pas exclu qu’en cas de nécessité l’Arabie saoudite s’implique plus activement dans ce conflit. Quoi qu’il en soit, son aviation est considérée comme l’une des plus puissantes de la région. En 1991, lors de l’opération Tempête du désert contre l’Irak, le prince saoudien le général Khalid bin Sultan expliquait à quel point il a été facile pour ses “forces d’armée de l’air de s’intégrer dans les actions des principales forces de la coalition, car leur doctrine militaires, les méthodes de formation, les armes et l’aptitude au combat étaient compatibles avec celles des Américains et des Britanniques.” Et il a été très impressionné par la “remarquable panoplie d’armes d’aviation, dont certaines n’avaient encore jamais été utilisées en combat.” De toute évidence, les avions arabes achetés en Occident montreront également cette fois-ci toutes leurs capacités dans le ciel libyen, et ceux qui le souhaitent pourront essayer en pratique les nouveaux armements. Mais il est à noter qu’une entente aussi étroite entre les Etats occidentaux et orientaux n’était pas observée depuis 1991, lorsque près de 40 pays, dont une dizaine de pays arabes et quelques pays africains, s’étaient unis contre le chef de l’Etat irakien Saddam Hussein afin de libérer le Koweït occupé au cours de l’opération Tempête du désert. Or lorsque le 20 mars 2003 les Américains ont déclenché une guerre visant à renverser le régime irakien, la majorité des arabes ont condamné cette ingérence dans les affaires nationales et la violation de la souveraineté du pays. D’ailleurs, les bombardements actuels ont commencé le 19 mars, et la première attaque à grande échelle a été lancée dans la nuit du 19 mars pendant la pleine lune. Une coïncidence fatale mais avec un détail de taille: il y a huit ans, en 2003, les Américains et leurs alliés agissaient sans un soutien aussi unanime des pays arabes. Or voilà que soudainement, comme il y a vingt ans en 1991, une grande coalition a été formée. Quelle en est la raison? L’ennemi des monarques Mouammar Kadhafi a toujours été un paria au Proche-Orient. Les voisins coopéraient parfois avec lui mais se disputaient souvent et ne lui faisaient pas confiance. Il était dangereux par son imprévisibilité, et parfois par son franc-parler populiste. Les riches monarques se souvenaient bien que Kadhafi était arrivé au pouvoir en 1969 après le renversement de leur collègue libyen, le roi Idris. Le colonel n’a jamais caché son mépris pour le trône. Et il a utilisé son extravagance afin de montrer publiquement son attitude envers les dirigeants voisins. On dit que le roi saoudien Abdullah ne peut pas le supporter pour cette raison. Un jour, le colonel libyen a ouvertement déclaré lors d’une réunion de la Ligue des Etats arabes (LEA) qui se tenait en Egypte que la dynastie royale s’était “vendue aux Américains.” C’était à la veille de la guerre américaine contre l’Irak au printemps 2003, et Mouammar Kadhafi a déclaré que l’Arabie saoudite favorisait en secret les Etats-Unis. A l’époque Abdullah était prince héritier, mais sa réaction était digne d’un monarque, en qualifiant le “frère” libyen (Kadhafi appréciait qu’on l’appelle ainsi) de “menteur au bord de sa propre tombe.” Et tout cela est arrivé en présence d’autres dirigeants, de ministres et de leurs conseillers. Les monarques arabes n’arrivent pas à pardonner au régime libyen le fait qu’il ait refusé de participer en 1991 à la Tempête du désert et d’aider l’émir du Koweït. Au contraire, il continuait d’accorder le soutien moral à Saddam Hussein et apportait de l’aide humanitaire aux Irakiens. Néanmoins, l’aversion des monarques amplement partagée par le leader libyen n’a pas empêché Kadhafi de se qualifier un jour de “roi des rois d’Afrique.” Désespérant à l’époque de rééduquer les Arabes, il s’est tourné vers le “Continent noir.” Sa provocation ne lui a pas été pardonnée Mais les rois n’étaient pas les seuls “souffre-douleur.” Il expérimentait non seulement avec son peuple, en lui confisquant puis en lui rendant ses biens, mais également tentait d’inciter ses voisins à suivre son exemple. Au début des années 1970, il souhaitait unir la Libye avec l’Egypte et le Soudan dans le cadre d’une sorte de fédération. Et lorsque les autorités égyptiennes ont refusé, il a organisé la “marche de milliers de Libyens” contre l’Egypte lors de laquelle les participants ont illégalement franchi la frontière égyptienne et ont franchi quelques centaines de kilomètres. A l’époque les relations avec l’Egypte s’étaient considérablement dégradées. Kadhafi a menacé à plusieurs reprises de quitter la Ligue des Etats arabes en irritant par ses déclarations le secrétaire général de l’organisation, l’Egyptien Amr Moussa. Le colonel libyen appelait ses confrères arabes à ne pas craindre l’Iran perse, mais au contraire à coopérer avec lui au nom de la “fraternité musulmane.” Lors du sommet de la Ligue des Etats Arabes (LEA) de mars 2008 à Damas, le colonel a déclaré prophétiquement: “Si vous ne vous unissez pas, le sort de Saddam Hussein pendu ou de Yasser Arafat empoisonné vous attend tous à tour de rôle.” A l’époque Kadhafi a ajouté: “Les Arabes n’ont rien, ni monnaie commune, ni économie commune, ni marché commun, mais seulement des litiges. Alors, qu’est-ce qui nous attend?” Rappelons que l’opération militaire de la coalition en Libye a commencé par la demande de la LEA de défendre les rebelles. L’organisation a proposé au Conseil de sécurité des Nations Unies d’établir une zone d’exclusion aérienne en Libye. Toutefois, dans leur requête les arabes ont rappelé “l’inadmissibilité d’une intervention militaire”, mais l’ont en réalité sanctionnée. Les dirigeants arabes en tant que politiciens expérimentés ne sont pas seulement vengés de Mouammar Kadhafi pour les offenses du passé, mais ils ont également bien perçu l’humeur de la rue arabe. On en fait trop une fois de plus Aujourd’hui, les manifestations antigouvernementales et toute sorte de révoltes sont populaires dans l’Orient arabe en ébullition. Pour cette raison les rebelles libyens suscitent dans la région la compassion et le désir de les aider. D’autant plus que des islamistes oppressés par Kadhafi sont dans leurs rangs, ce qui vaut au leader libyen la haine des croyants arabes. D’autre part, l’opération libyenne est une aubaine pour les dirigeants, car on peut en profiter pour tenter de réprimer l’opposition dans son pays, comme c’est le cas à Bahreïn et au Yémen. Mais tout de même, lorsque les Arabes ont demandé de l’aide, il était seulement question des frappes chirurgicales contre les aérodromes gouvernementaux, les avions et les systèmes de défense antiaérienne en Libye. De telles frappes ne devaient pas provoquer la mort d’un grand nombre de civils, mais garantir seulement l’exclusion aérienne et le sauvetage des rebelles. “Plus les actions de la coalition seront brutales et plus longtemps durera l’opération, plus forte sera la réticence de la majorité de l’opinion publique arabe, même de ceux qui étaient initialement favorables à cette action. Et cela a d’autant plus de chance d’arriver si une opération terrestre est lancée”, a déclaré le politologue égyptien Mazen Abbas qui fait partie de la direction du Club arabe de presse en Russie. Ces opinions ont été parfaitement comprises par le secrétaire général de la LEA Amr Moussa. “Nous voulons que les civils soient protégés, pas qu’ils soient bombardés”, a-t-il déclaré. Selon lui, l’opération militaire en Libye “a dépassé le cadre des objectifs fixés.” Selon le journal populaire arabe Al-Hayat, “la joie résultant de l’effondrement du régime de Kadhafi pourrait se transformer en larmes.” L’auteur de cet article, le politologue Hassan Chami explique que le “printemps des peuples arabes pourrait s’achever ici”: “Les Arabes ne voulaient pas d’une telle démocratie." Ils s’opposaient à une invasion étrangère ou au détournement du pétrole arabe par les étrangers.” Il conclut: “Préparez vos mouchoirs pour essuyer vos larmes. Les tristes nouvelles ne tarderont pas.” 
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